La période de confinement a provoqué un sursaut d’innovations pédagogiques très riche pour répondre aux besoins des étudiants et des enseignants. Elle a également montré plusieurs limites dans l‘organisation de cours et d’examens à distance qui contraignent les équipes pédagogiques à penser autrement pour proposer des alternatives.

La première conséquence majeure de cette crise sanitaire a été l’organisation des sessions d’examens du second semestre entièrement à distance. Grâce à la plateforme Moodle, les enseignants ont pu évaluer en ligne les connaissances et compétences des étudiants via des exercices variés : Questionnaires à Choix Multiples, Questions à Réponses Courtes, composition…

Cette première expérience d’organisation d’examens 100% en distanciel a souligné de nombreux avantages mais aussi certaines limites. L’automatisation de la correction de certaines épreuves se confronte à une limite pédagogique : le manque de stimulation rédactionnelle et d’expression des étudiants. Cette première limite est due au manque de développement des outils et de formation de ses utilisateurs. Les questions de composition pallient ce problème en permettant une évaluation du raisonnement et de la rédaction des étudiants avec une correction manuelle comme pour une copie papier.

La communication possible entre les étudiants pendant l’examen est une autre limite à ce genre d’outil. C’est un fléau difficile à endiguer dans toutes les typologies d’examen et contre lequel les équipes pédagogiques sont peu préparées quand il s’agit d’examens en ligne et à distance.

Mais, les équipes pédagogiques n’ont pas commencé à innover suite à la crise sanitaire. Les deux UFR d’Odontologie d’Université de Paris sont dotées depuis quelques années d’une structure d’accompagnement constituée d’ingénieurs pédagogiques et d’enseignants référents, et à destination des enseignants et étudiants pour les former à l’utilisation de la plateforme Moodle.

Des « serious game » ou « jeu sérieux » sont développés depuis 2018. Il s‘agit d’activités qui mêlent pédagogie et jeux. C’est un excellent moyen pour rendre attractif certains sujets et augmenter le taux d’engagement et de mémorisation des étudiants.

Lorsque le distanciel n’est pas la règle, les outils numériques s’invitent aussi dans la salle de cours. Le BYOD, « Bring your own device » est une pratique qui consiste à utiliser ses propres équipements personnels connectés : smartphone, tablette, ordinateur portable. Dans le cadre de l’enseignement supérieur, le BYOD permet aux enseignants d’utiliser les terminaux mobiles de leurs étudiants à des fins pédagogiques pour rendre les cours plus interactifs en facilitant leur compréhension et leur mémorisation. La tenue de quizz pendant le cours permet de repérer les incompréhensions et d’y répondre. Ils permettent aussi de rythmer le cours, de relancer l’attention des étudiants et de favoriser les échanges.

Pour terminer, cette crise sanitaire et l’essor d’innovations pédagogiques qui l’a accompagné offrent de nouvelles perspectives en faveur du développement des enseignements en distanciel pour remplacer les cours magistraux en proposant des séminaires interactifs, en favorisant le partage d’expériences, la mutualisation des ressources… C’est aussi une excellente opportunité d’accroitre la transversalité de certaines disciplines et de certains cours pour les proposer à toute la sphère santé par exemple.