La Société Française en Endodontie remet depuis 2008 un prix de recherche dédié à Paul CALAS afin de promouvoir, aider et récompenser des chercheurs ou des équipes de recherche fondamentale et clinique en Endodontie, sur une recherche originale n’ayant pas fait l’objet de publication. Ce prix a également pour but de diffuser la recherche française et internationale en Endodontie auprès de ses membres et de toute la communauté endodontique nationale et internationale, et de créer ou de resserrer les liens entre les praticiens et les chercheurs de tous horizons.

Matthieu Grosborne et Mathieu Lagorsse ont reçu le prix Paul CALAS 2020 suite à leurs travaux autour d’une thématique en Endodontie : les résorptions radiculaires externes.

Pourquoi avez-vous choisi l’endodontie ?

Tout a débuté par notre stage d’externat durant lequel nous étions binômes. Nous étions tous les deux intéressés par la quasi-totalité des spécialités mais nous avions déjà un attrait commun particulier pour l’Endodontie. Cette spécialité est un vrai challenge encore plus quand on est étudiant car les traitements entrepris sont longs, variés, complexes et demandent beaucoup de minutie et de matériel (plateau technique, microscope…). Nous avons eu l’opportunité ensuite de réaliser un stage de recherche à l’UFR d’Odontologie de Montrouge autour d’une thématique en Endodontie : les résorptions radiculaires externes.

Pouvez-vous expliquer brièvement en quoi vos travaux sont novateurs et nourrissent la recherche en Endodontie ?

Nos travaux de recherche se sont intéressés aux processus de résorptions radiculaires externes pathologiques de la dent adulte dont les mécanismes sont encore méconnus et dont les traitements sont limités et complexes.

En recherche médicale, pour améliorer la prise en charge d’une maladie, on débute toujours par la compréhension de son mécanisme. Pour ce qui est de la recherche sur les résorptions, nous avons étudié le rôle que pouvait avoir la pulpe, paquet vasculo-nerveux de la dent, au cours de ces pathologies.

Pour étudier et mieux comprendre ces mécanismes, il a tout d’abord fallu créer un modèle. C’est ce que nous avons donc entrepris en élaborant un modèle innovant de résorption radiculaire externe inflammatoire permettant d’étudier la pulpe. Une fois le modèle créé, nous avons pu nous intéresser aux mécanismes ainsi qu’au rôle pulpaire.

Actuellement, le projet continue. De nombreux points restent encore à approfondir dans la compréhension des mécanismes fondamentaux. Tout ceci afin que l’amélioration de ces connaissances ait un impact sur la prise en charge clinique.

Quelles figures ou personnalités fortes vous ont inspiré dans votre parcours universitaire et professionnel ?

Tout d’abord, dès le début de nos années universitaires, le Dr. Franck Decup nous a fait découvrir l’odontologie conservatrice et l’Endodontie dont il dispensait une partie des cours à l’UFR d’Odontologie Montrouge. Cela s’est poursuivi au cours du stage d’externat durant lequel il nous a transmit sa passion pour cette discipline.

Dès le début de notre externat nous avons eu la chance de pouvoir travailler avec le Dr. Guillaume Jouanny qui nous a partagé son savoir et son expertise en supervisant nos premiers traitements d’Endodontie. Il nous a par la suite sollicité pour effectuer de la recherche dans ce domaine car un projet était en cours d’élaboration dans le Laboratoire UR 2496 Pathologies, Imagerie et Biothérapie Orofaciales de l’UFR d’Odontologie Montrouge. C’est ainsi que nous avons rejoins le laboratoire du Pr. Catherine Chaussain. Nous avons débuté à travailler sur ce projet de recherche sous la supervision du Pr. Sibylle Vital et du Dr.Claire Bardet qui nous ont aiguillé tout au long de ce master de recherche et auprès de qui nous avons énormément appris. Tout au long de ces années, le Pr. Tchilalo Boukpessi nous a également beaucoup apporté et nous avons la chance de travailler encore à ses côtés au sein de l’hôpital Charles Foix dans lequel nous revenons en tant qu’attachés.

Avez-vous un conseil pour les étudiants en chirurgie dentaire ?

Lorsque l’on est étudiant, il y a toujours une ou plusieurs disciplines que nous affectionnons plus que les autres. Il faut alors bien entendu enrichir ses connaissances par le biais des cours dispensés à l’UFR d’Odontologie, mais surtout être autonome et chercher à s’investir plus à l’hôpital.

Mais cela passe également par leur découverte sous un aspect plus fondamental. Car la recherche nous a apporté un regard différent sur l’Endodontie et plus largement sur notre profession.