Histoire

Histoire de l’art dentaire

L’art dentaire est reconnu en France comme activité professionnelle depuis deux siècles. C’est par des édits royaux de 1699 que les dentistes sont placés sous l’autorité du premier chirurgien du Roi, à côté des médecins et des chirurgiens.

Le 18e siècle est une époque brillante pour l’odontologie française, avec la publication de travaux importants : Fauchard, Bunon, Bourdet, Jourdain. Mais, à la révolution, les réformes apportées aux arts de guérir ignorent les dentistes. Ce n’est qu’à la fin du XIXe siècle que l’on voit la création d’écoles et la promulgation d’un statut pour les dentistes.

En 1880, le cercle des dentistes de Paris ouvre l’École dentaire de Paris, au 37 rue Rochechouart.

En 1884, la chambre syndicale crée l’institut odontologique, rue de l’Abbaye.

En 1899 est créée à Lyon l’école dentaire.

Enfin, c’est le 30 novembre 1892 qu’est votée la grande loi sur la médecine : elle fait état d’un titre nouveau donnant accès à la profession de chirurgien-dentiste. Des conventions sont signées entre les facultés de médecine et les écoles dentaires, en attendant que l’État assure lui-même l’enseignement.

Jusqu’en 1965, l’enseignement de la chirurgie dentaire ne se donnait en France que dans des écoles privées, ou dans quelques instituts contrôlés en partie par des organismes publics (municipalités, facultés). A Paris, il existait deux établissements d’enseignement dentaire : l’école odontologique, rue Garancière et, l’école dentaire de Paris, rue de la Tour d’Auvergne, ancêtre de toutes les écoles privées. Le décret du 22 septembre 1965 crée les écoles nationales de chirurgie dentaire (ENCD) et les centres de soins d’enseignement et de recherche dentaires (CSERD) où est dispensé l’enseignement clinique.

Création de l’école nationale de chirurgie dentaire

Un décret d’octobre 1968 crée l’école nationale de chirurgie dentaire (ENCD) de Paris, qui s’installe à Montrouge. Les bâtiments, implantés 1, rue Maurice Arnoux à Montrouge, dont la construction a été terminée à la fin de l’année 1968 pour y installer l’école normale supérieure (ENS) de jeunes filles sont toujours partagés entre la faculté de chirurgie dentaire et l’ENS.

En application de la loi Faure, qui en 1968 crée les universités, les écoles nationales de chirurgie dentaire sont intégrées en 1970 dans les universités comme unité d’enseignement et de recherche (UER). La loi Savary de 1984 organise l’enseignement supérieur. Les UER sont transformées en unités de formation et de recherche (UFR).

En 1971, la loi crée un numerus clausus en odontologie. La loi du 13 juillet 1972 confère au chirurgien-dentiste une capacité professionnelle en conformité avec celle des chirurgiens-dentistes européens : “La pratique de l’art dentaire comporte le diagnostic et le traitement des maladies de la bouche, des dents, des maxillaires, congénitales ou acquises…”. Cette loi, associée à la loi du 24 décembre 1971, qui stipulait que “les chirurgiens-dentistes peuvent prescrire tous les médicaments nécessaires à l’exercice de l’art dentaire”, hisse donc la chirurgie dentaire au niveau de spécialité médicale reconnue.

Les années 80 voient la mise à parité progressive de l’odontologie avec les autres disciplines universitaires, en particulier médicales, même statut pour les corps hospitalo-universitaires, mêmes diplômes sanctionnant la formation à la recherche pour le recrutement des enseignants (DEA, doctorat, habilitation à diriger des recherches). En outre, deux diplômes nationaux spécifiques à l’odontologie sont créés : le certificat d’études cliniques spéciales mention orthodontie (CECSMO) en 1987 et le diplôme d’études supérieures de chirurgie buccale (DESCB) en 1989. L’arrêté du 27 septembre 1994 relatif aux études en vue du diplôme d’État de docteur en chirurgie dentaire modifie entièrement le cursus odontologique. Il est crée un troisième cycle comportant, soit une sixième année (cycle court), soit trois ans pour les étudiants reçus au concours de l’internat qui est non qualifiant (cycle long), enseignement théorique et formation clinique dispensés dans les services d’odontologie.

La Recherche

Dès sa création, l’UFR d’Odontologie a donné à la recherche biomédicale une place prépondérante en créant et en soutenant le développement de laboratoires au sein desquels les enseignants et les étudiants participent à des projets de recherche clinique fondamentale.

Par ailleurs, des collaborations se sont établies et développées avec des institutions publiques de recherche comme l’INSERM, le CNRS, l’Institut Pasteur, le Collège de France, ainsi que des actions en partenariat avec les industries.